Responsabilité scientifique : Evelyne Dieckhoff


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                      Saltire Centre à la Caledonian University de Glasgow

Le rappel du contexte


Les bibliothèques universitaires, outre leur rôle en matière de stockage et de communication de l’information, sont depuis toujours des lieux d’apprentissage en lien étroit avec les enseignements dispensés au sein de l’Université. La révolution numérique a entrainé une modification profonde de leurs missions puisqu’il leur appartient dorénavant d’offrir à leurs publics des moyens d’apprentissage multimédias adaptés à leur temps. Cette évolution en termes de missions suppose une transformation des espaces publics disponibles pour les utilisateurs et un regard neuf sur les services dispensés au sein de ces structures.
 
La distinction établie en 2008 par Jeffrey T. Gayton  entre les espaces sociaux et les espaces communs dans la bibliothèque est intéressante à étudier car elle se fonde sur l’évolution des habitudes de travail des étudiants en bibliothèques. Traditionnellement, les bibliothèques universitaires sont avant tout équipées d’espaces communs dédiés au travail individuels : ce sont les salles de lecture, silencieuses, où les étudiants ont le fort sentiment d’appartenir à la communauté d’étudiants. Dans les quelques bibliothèques proposant des espaces sociaux, l’activité des étudiants ne s’organise pas autour du travail individuel mais autour du travail en groupe, de la communication et de la formation informelle. Les bibliothèques universitaires de conception plus ancienne ne disposent en général guère d’espaces sociaux ou si certaines salles ont été transformées partiellement en ce sens, la cohabitation avec les espaces classiques posent très souvent des problèmes.

Par ailleurs, l’introduction massive de la documentation électronique, le cas échéant accessible à partir du domicile, est une autre conséquence du passage à l’ère numérique. Les bibliothèques universitaires ont largement pris le parti d’acheter, dès que cela était possible, l’information en ligne. Dans ce contexte, il est légitime de se poser la question de savoir si les espaces de travail, sociaux ou communs, sont encore utiles à l’ère des bibliothèques numériques. La réponse est sans ambiguïté positive d’une part dans un souci d’équité d’accès à l’information et à la formation, d’autre part pour les besoins du travail collectif et enfin en raison de la place importante qui reste dévolue au papier en tant que support d’information.

Mais l’accès à l’information même via les technologies numériques ne suffit pas, les utilisateurs, étudiants essentiellement, recherchent également à la bibliothèque universitaire des espaces d’apprentissage collaboratifs impliquant une forte dimension communautaire : rencontre en petits groupes, communication avec des personnes partageant les mêmes centres d’intérêt ou les mêmes besoins d’information, le tout dans une atmosphère si possible accueillante et conviviale.

L'objet du projet


Le Service commun de la documentation de l’Université souhaite procéder à la transformation de sa salle de prêt d’une superficie de plus de 1000 m2 pour l’adapter aux nouveaux besoins des étudiants. Cette salle accueille aujourd’hui une collection de 155 000 monographies mais en raison de la généralisation du libre accès dans les salles thématiques de la bibliothèque, la mise à disposition de ce fonds dans cette salle ne se justifie plus. Son transfert en magasin ou dans d’autres salles est envisageable
Il nous paraît important dans le contexte d’évolution des pratiques de lectorat décrit plus haut d’implanter au sein de la bibliothèque un espace d’apprentissage, d’information et de vie sous la forme d’un Learning centre , structure caractérisée par un fort niveau d’intégration entre pédagogie, documentation et  recherche sous la forme d’un ensemble de ressources et services également accessibles à distance.
Complémentaire du projet de création d’un Learning center, une réflexion sur le  réaménagement du hall d’entrée des 2 bibliothèques (BDIC et SCD) nous apparaît indispensable afin de transformer le « no man’s land » actuel en véritable lieu de convivialité, de rencontre et de culture en adéquation avec les objectifs recherchés par la création du Learning centre.

Les objectifs poursuivis


Le projet de création du Learning centre vise à construire et faire vivre un modèle d’accès à l’information différent sur le campus. A ce titre, il se veut en quelque sorte ‘école d’application’ de l’Institut du numérique dans sa composante « Université Numérique ».
Les principaux objectifs du projet visent à :
•    Optimiser l’accès à l’information par la mise à disposition d’infrastructures et d’outils
•    Constituer une ‘vitrine’ pour la communication d’information via de nouveaux supports, de nouvelles procédures ou méthodes d’apprentissage (livres électroniques, prêt automatisé, identification des documents par technologie RFID ou étiquettes électroniques, services mobiles sans contact, etc.)
•    Renforcer l’action des professionnels de l’information en tant que tuteurs, formateurs et conseillers documentaires dans l’optique d’étendre les compétences informationnelles et de recherche d’informations des étudiants
•    Intensifier le traitement et la conservation du patrimoine scientifique produit par les chercheurs et les étudiants pour en favoriser la valorisation
•    Etre force de proposition pour la mise en œuvre par les enseignants de méthodes pédagogiques plus actives
•    Créer un espace de vie, de rencontre et de culture favorisant l’aspect social des études

Quels bénéfices pour les utilisateurs ?


Actuellement les étudiants et enseignants du campus disposent de bibliothèques de type ‘classique’ sur le campus.
Pour ce qui concerne le Service commun de la documentation, il met à la disposition de la communauté universitaire des moyens importants tant en surfaces qu’en offre documentaire mais ses moyens ne sont pas suffisamment valorisés, y compris en ce qui concerne la documentation électronique et les salles dans leur configuration actuelle ont mal vieilli.
Les bénéfices d’un Learning centre pour les étudiants et enseignants sont nombreux :
-    des services intégrés : accès à la documentation, formation, prêt de portables, service de questions / réponses, etc.
-    une grande amplitude horaire d’ouverture y compris le soir et le week-end
-    un personnel aux compétences multiples (documentaire, informatique, etc.) en mesure d’aider les étudiants dans plusieurs domaines selon le principe du « one stop shop » (guichet unique)
-    un équipement informatique et de reproduction en nombre suffisant
-    une offre documentaire (imprimés, documents multimédia, ressources électroniques intégrées dans l’environnement virtuel de l’université)
Un modèle de bibliothèque du XXIème siècle
La réalisation de tel projet est un pari sur l’avenir : celui de la possible adaptation des bibliothèques aux réalités technologiques d’aujourd’hui et aux nouvelles attentes de la population universitaire. Ce projet s’insère parfaitement dans le cadre du plan Bibliothèques universitaires, annoncé le 17 février 2010 par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Madame Valérie PECRESSE, et plus particulièrement dans son engagement N° 5 ‘Des bibliothèques plus fonctionnelles’ par la volonté de promouvoir de « nouveaux modèles de bibliothèques davantage centrés sur les usagers et favorisant des liens renforcés entre pédagogie et documentation, entre documentation et recherche »